À propos de Marie Hubert

Dès mon enfance, j’étais fascinée par le monde des tissus, des matières, des couleurs. Le goût et la découverte de «belles choses» ont bercé mon enfance au sein de l’atelier familial. Les bouts de papiers, les étoffes, les fils m’inspiraient et j’en créais mes trésors.

Après des études supérieures à l’Institut des Arts Appliqués à Paris et de nombreuses années dans le secteur de la mode, j’ai éprouvé le besoin impérieux de prendre mon envol en solitaire. La création d’une marque de bijoux de luxe «Louise» a été la première pierre de cette émancipation que j’appelais de mes vœux.

Cependant, j’ai compris rapidement qu’il ne s’agissait là pour moi que d’une étape, d’un jalon dans un cheminement intérieur nécessitant une rupture plus radicale. Il m’a fallu alors retrouver l’élan initial, l’horizon, quitter l’agitation urbaine, les entraves verticales, revenir aux couleurs naturelles, à la mer, à un rythme plus lent, à la béance d’un espace conjuguant mes désirs de plénitude, liberté et solitude.
Inspirée par le Sud ? Certainement. C’est ici en tout cas, dans le berceau de mon enfance, que je me sens le mieux: la palette de nuances m’inspire, les matières me touchent et la sensation d’espace m’apaise.

Dans cet espace vierge se superposent immédiatement des images subjectives, des sensations que je traduis et enrichis par la matière. J’aime que celle-ci soit intense, forte, parsemée d’éléments, rugueuse, striée…qu’elle véhicule des réminiscences, des émotions désordonnées, surprenantes, contrastées, sans qu’elle soit nécessairement mue par des considérations esthétiques.

À travers mes rectangles, j’essaie de raconter une histoire, un événement. Ma démarche est en lien direct avec l’actualité, mon histoire, ma sensibilité, mes doutes. Mon travail se fait l’écho permanent de cette dualité entre force et fragilité, qui me caractérise. Je suis en constante observation des expressions, des attitudes, des assemblages. J’aime saisir le mouvement, le capter, me l’approprier pour véhiculer les idées qui me touchent. Le dessin, la matière et l’image sont mon unique langage. Au-delà, le lien se coupe, laissant place à une rêverie solitaire, la construction silencieuse et féconde d’un idéal.